Souvenons-nous, 1998. Coupe du monde en France. Les Français, outsiders, jouent, re-jouent, re-re-jouent, et gagnent. Très bien, très joli, pas trop de vilains gestes, net et sans bavures. Mais bon sang, terriblement ennuyeux... Même moi qui ne regardait pas le foot baillait à l'évocation des exploits d'Aimé Jacquet et des ses petits soldats. Une coupe du monde scénarisée par Walt Disney, en somme...

Revenons à présent en 2006. Coupe du monde, à coté de la France. Les Français jouent, re-jouent, et re-re-jouent. A ce moment, précis, tout le monde se dit que c'est reparti comme en 40, ils vont faire une jolie victoire contre les Italiens, descendre les Champs en autobus, faire la bise à Bernadette et apparaître dans les pubs Volvic, Ford, Adidas, Fleury-Michon, Scholl, Kellogs et Butagaz. Très bien, très chouette, très ennuyeux.

Et là, ce 9 juillet, quelque chose se passe, enfin ! Le match que j'ai regardé [1] est rugueux, violent, mauvais. Les Français semblent dominer [2], mais ne mettent pas de but. La tension est palpable, Vieira en a la fesse -littéralement- déchirée, et tout cela commence à avoir une certaine gueule. Jusqu'au très commenté coup de boule de Zidane. Ha, ce coup de boule... il excusera beaucoup... enfin fini les mièvreries sorties à tout bout de champ par le footballer préféré de ma grand-mère, les les téléthons, sidactions, pièces jaunes encaissées et toutes les belles paroles sucrées. La France et Zidane perdent le match dans un défoulement bienvenu de hargne et de colère. Efficace, manifestement non, télégénique, ô combien !

Une défaite, certes, sans happy end, mais franchement, au cinéma, vous préférez voir le dernier film avec Meg Ryan ou Seven ?

Notes

[1] qu'une chose soit claire, cela reste entre nous, je nierai farouchement

[2] où en tout cas, mes beau-frères qui s'y connaissent le disent