Vendredi - Dimanche

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You say party! We say die!Deuxième soir de cette Route du Rock et de grosses attentes, avec les concerts des excellents Belle & Sebastian et TV on the radio. Mais d'abord, nous allons enfin savoir qui se cache sous le nom mystérieux de You say party! We say die!. Cette troupe de Canadiens délivre un rock tranchant, assez efficace. L'alliance des voix est particulièrement originale dans ce type de musique. Ils délivreront par ailleurs un des moments les plus involontairement drôles du festival en croyant tout le long du set qu'ils avaient épuisé leur temps de passage... Un concert qui ne révolutionera probablement pas le rock, mais qui se révèle un excellent moyen de commencer la soirée.

The PipettesA l'arrivée des Pipettes, une seule pensée nous traversa l'esprit : "wow". En uniformes réglementaires des girls band 60's -courte robe à pois, collant, serre-tête-, les trois Anglaises présentent physiquement toute la panoplie des fantasmes du popeux moyen : un blonde à l'air intello qui fait un peu penser à Laura Veirs, une blonde péroxydée type Alerte à Malibu et une très très jolie brune qui ressemble un peu à Thora Birch. Et en plus, elles chantent! Et plutôt bien, finalement. Leur pop sucrée se révèle diablement dansante; avec les chorégraphies et les gilets jaunes de leurs musiciens, les Cassettes, mettent bien le public dans une ambiance de fête de la promo d'une teen comédie américaine. Exemple type d'un groupe dont les albums sont probablement inécoutables, mais dont les concerts soulevent l'enthousiasme.

Belle and SebastianGros espoir de la journée pour nous, Belle and Sebastian n'a pas déçu une seconde, délivrant le concert du festival.
Il est une chose de faire un bon concert, mais quand en plus, il est fait avec un plaisir évident, de l'humour et sans se prendre au sérieux une seconde, c'est là qu'on peut voir la patte d'un grand groupe. Enchaînant anciens tubes (Le pastie de la bourgeoisie, Like Dylan in the movies, et le redoutable Electronic Renaissance) et morceaux plus récents (The blues are still blue, Funny little frog,...) avec brio, les Ecossais se permettent même un instant de grâce absolue en jouant leurs deux meilleurs morceaux, I'm a cuckoo et Jonathan David d'affilée.
Vous l'aurez compris, par ici, on est fan et ce concert nous aura confirmé tout le bien qu'on pense d'eux.

Cat PowerAprès l'ébourrifant set de Belle and Sebastian, difficile succession pour Cat Power qui s'est, franchement, plantée en beauté. Là où ses précédents concerts pouvaient tout aussi bien être en état de grâce absolue que totalement foirés, avec une Chan Marshall cherchant ses mots. Ce soir, elle est bien, très bien, trop bien. Complètement carré, le set de l'Américaine ne fait passer aucune émotion. Entourée de requins de studio qu'on aurait plus vu accompagner Johnny dans sa tournée des stades que dans ce cadre magique, jouant de sa voix prétenduement soul, Cat Power nous ennuie profondément. Tout cela pourrait aller si, en plus, elle ne jouait pas les divas. Sûre de son immense talent, elle en fait des tonnes, joue bien plus longtemps que prévu et se permet même de gacher par ses mimiques ravies le seul moment durant lequel elle aurait pu nous faire ressentir quoi que ce soit, seule au piano.
Démago, prétentieuse, mortellement ennuyeuse, Cat Power semble aller mieux. Tant mieux pour elle, mais était-ce la peine de nous saouler deux heures durant avec son mielleux bonheur ?

TV on the Radio Pour ceux qui veulent de la soul, de la vraie, le moment est enfin venu. Contrairement à l'usurpatrice Cat Power, les New-yorkais de TV on the Radio ne prennent aucune pose, ne jouent pas à être des grandes divas... Ils n'en ont pas besoin, la soul coule dans leur veine. Leur génial mélange de rock âpre et de blues fait des merveilles, reveille les sens des festivaliers assoupis et réussit même l'espace de la géniale Staring at the Sun à faire danser le fort comme un seul homme. Plus calmes que lors de leur dernier passage au fort, ils parviennent à injecter de l'émotion dans leur magma sonique. Ce groupe est de la pierre dont on fait les groupes qui comptent.