Samedi - Dimanche

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La chèvre malouineNous y revoilà donc, comme tous les ans, à se tenir à la barrière devant la scène de ce cher fort de Saint-Père. La première prestation ne sera pas pourtant le fait d'un groupe, ni d'un chanteur solo mais... d'une chèvre, se balladant au milieu de l'espace presse. On en avait entendu parler, des fameuses chèvres du fort, mais en voir une en vrai, à quelques mètres, c'est un peu une révélation pour les festivaliers Malouins que nous sommes.

Remis de cette expérience quasi-mystique, on peut immédiatement voir les énormes améliorations apportées à l'organisation depuis les années précédentes : plus de toilettes, une sécurité au top, efficace sans se faire trop présente, et surtout, surtout, les horribles caissons de basse placés juste devant la scène ont été déplacés sur les cotés, améliorant l'écoute pour les quelques premiers rangs de manière considérable.

Howling BellsPremiers à se produire, les Australiens de Howling Bells ont la dure charge de lancer la machine, et s'en sortent plutôt pas mal. Leur rock serré et efficace se fait parfois carressant par la belle voix de la très belle chanteuse. Par moment, on pense un peu au set des Raveonettes l'an dernier par cette manière de manier douceur et dureté dans le même morceau. Assurément un groupe à suivre et dont les futurs concerts seront à ne pas louper.

Why?Why? font une musique qui rappelle au premier abord le hip hop mutant de Buck 65, mais qui aurait troqué Woody Guthrie contre l'intégrale de Blur. Avec trois multi instrumentalistes assez barrés sur scène, le set aurait vite pu se transformer en exercice de style brouillon, mais heureusement, en grande partie grâce à une émotion toujours présente et un humour acide, il décole pour se révéler être un des tout meilleurs de cette édition.

IslandsDepuis la séparation des géniaux Unicorns, on guettait des nouvelles de ces uluberlus. C'est donc peu dire que la réincarnation sous la forme de Islands nous avait rempli d'espoir. Espoir hélas un peu vain. Si on s'amuse bien dans leur concert, tout semble un peu trop préparé, lisse, là où les Unicorns étaient furieux et où leur seul concert Parisien s'était terminé en tentative de destruction de la salle à coup de pied de micro. Chez Islands, on est plus poli, plus mignon, les costumes sont mieux taillés et leurs chansons restent de bons hymnes de pop flamboyante, mais au final, on préférait assez franchement l'absence de calcul...

CalexicoDepuis deux ou trois ans, on avait un peu, par flemme, laché Calexico... Nous avions tort... Pour ce set, les Californiens déroulent une setlist parfaite, alliant nouveaux morceaux plus rock, anciens tubes latinos et un bon nombre de reprises inspirées. On retiendra tout particulièrement le bel hommage à Arthur Lee avec une relecture de Alone Again Or. S'en suivront une version franglaise de la Chanson de Prévert, de Gainsbourg, et même quelques vers de Manu Chao ! En pleine forme, manifestement heureux de jouer, Calexico faisait ce soir vraiment plaisir à voir et nous a réconciliés avec ce groupe qui sera toujours bien plus enthousiasmant sur scène que sur album.

MogwaiIl arrive parfois qu'un concert soit gaché par de bêtes petits détails, et pour ce concert des Glaswegians de Mogwai, il suffira d'une emmerdeuse fin bourrée pour nous sortir du set en permanence. C'est là un des drames de Mogwai : Si leurs concerts se sont fait plus calmes, moins soniques et assourdissants, ils sont aussi devenus plus fragiles, trop fragiles. En salle, ce tournant passe parfaitement, mais est-ce le bon choix pour un set de festival? On sera cependant heureux d'entendre à nouveau la très belle Helicon 1.

LiarsUn set du trio New-Yorkais Liars est toujours unique, fou et brutal. Celui-ci ne fera pas exception à la règle. Inutile de chercher à discerner les morceaux, ils s'interpénetrent tous, se mélangent pour arriver à un magma sonique inédit. Pour une fois habillé plutôt sobrement, en costume cravate, Angus Andrew hurle à pleins poumons ses incantations ensorceleuses, et on en reste épuisé, l'esprit vidé par un tel défoulement. Liars en concert confirme être une expérience que tout amateur de musique devrait faire au moins une fois, quitte à les haïr, mais il est impossible de leur rester indifférent.