Photos : Josh Ritter, Nicolai Dunger

En ces jours troublés où tous se gargarisent de néofolk, il est bon de voir un artiste qui sans renier sa musique profondément folk, ne s'en sert pas comme un étendard à la limite du marketing. C'est dire si chez Nonewsweb nous attendions le concert de Josh Ritter avec impatience, lui qui nous avait renversés lors de ses passages parisiens précédents.

Nicolai DungerEn première partie, agréable surprise, on voit se ramener le Suédois Nicolai Dunger. Même si on avait été déçu par un concert précédent, on garde une tendresse pour cet ancien footballer devenu chanteur il y a près de dix ans. Heureusement, cette fois, il est seul et ne peut donc pas transformer ses morceaux en hymnes pour stade. La cure d'amaigrissement fonctionne à merveille, et on se rappelle vite pourquoi on était tombé sous le charme à l'écoute des albums. Les morceaux sont beaux, tout simplement. Alors certes, il les chante avec une voix fracassée au plus au point, espèce de Jeff Buckley ravagé qui aurait parfait ses vocalises à grands coups de rouge, mais la sauce prend, et on se laisse emporter par le bonhomme et son humour désespéré.

Josh RitterLe court set de Dunger terminé, le matériel est placé pour Josh Ritter et son groupe, et à peine arrivent-ils sur scène que l'impensable se produit : le public s'assoit ! Voilà à nouveau un drame typique des concerts parisiens, les spectateurs pensent probablement regarder un DVD et ne comprennent pas la dimension physique indispensable pour apprécier la musique live. La première moitié se déroulera donc ainsi, de manière assez frustrante. Cela n'empêchera évidemment pas Ritter de dérouler ses morceaux folks qui, de plus en plus, lorgnent vers un pop-rock absolument imparable. Des morceaux tels que Me & Jiggs ont ainsi une mélodie telle que des sourires sont sur tous les visages présents, et la version splendide de Fireflies, remaniée pour faire une place de choix au piano, est belle à pleurer.

La suite sera encore meilleure, Ritter demandant enfin au public de se lever et entamant la partie plus "rythmée" de son set. Lillian, avec un public encouragé à chanter comme des pirates, met en jambe pour cette seconde moitié où le public de déridera enfin. On sera en particulier enthousiaste pour Harrisburg, probablement la meilleure chanson de l'américain, et pour une déchirante version du Chelsea Hotel de Leonard Cohen. Le concert s'achèvera sur un court rappel avec Trying Hard to Love You, dédiée à Dick Cheney et sans aucune amplification, tout au bord de la scène.

Très bon concert, donc qui confirmera la confiance que l'on met en Josh Ritter pour illuminer une soirée, armée d'une simple guitare et d'un humour renversant.